Matière à réfléchir (2) : Nauru, de la richesse à la ruine à l'ère de l'IA
#Matière à réfléchir n°2 - #Nauru, de la richesse à la ruine : la course à l’IA pourrait-elle contribuer à répéter ce désastre ?
🏝️ 🇳🇷 Nauru est un petit État insulaire du Pacifique d’environ 10 000 âmes. Nauru est passé du 2ème PIB/habitant le plus important au monde (en 1974, derrière l’Arabie Saoudite) au top 3 des PIB mesurés les plus faibles du monde (150 M$ en 2023). D’abord richissime grâce à ses phosphates, l’épuisement de ses ressources a laissé l’île économiquement et écologiquement dévastée. Son histoire est celle d’une exploitation outrancière sans lendemain.
🌊 Depuis 1982, alors que Nauru baignait dans ses “phosphato-dollars”, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), régissant les fonds marins internationaux fut ratifiée. Elle consacre ces espaces comme “patrimoine commun de l’humanité”. L’Autorité internationale des fonds marins (ISA) encadre l’exploitation des ressources, tels que les “nodules polymétalliques” (retenez cela). 🎯Objectifs : partager les bénéfices et protéger l’environnement.
🚫 Mais un acteur majeur manque à l’appel. Les États-Unis n’ont jamais ratifié l’UNCLOS. Ils se placent hors du cadre multilatéral et créent un vide réglementaire. D’autant que leurs entreprises s’impliquent dans l’exploitation.
🤝 Nauru se retrouve aujourd’hui impliqué dans le parrainage de The Metals Company (TMC), une entreprise canadienne d’exploitation minière sous-marine. Le but ? Exploiter la Zone Clarion-Clipperton, une région du Pacifique regorgeant de “nodules polymétalliques” : des boules métalliques de la taille d’une balle de tennis qui contiennent quelques uns de nos amis les #minerais #critiques, essentiels dans la course à l’IA.
Selon l’UNCLOS, toute entreprise privée doit être sponsorisée par un État membre de l’ISA. Et cela afin de : ➡️ Garantir un contrôle des activités d’exploration et d’exploitation ➡️ Veiller au respect des normes environnementales ➡️ Assurer un partage équitable des bénéfices avec les pays en développement
L’incentive économique pour Nauru est forte. Ce sponsor pourrait sortir sa population de la pauvreté. Mais le retrait de certains parrainages, comme celui de Tuvalu en 2022, un autre petit État insulaire du Pacifique, traduit la peur de tenir un rôle symbolique sans supervision coercitive ni protection réelle de l’environnement.
💥 En avril 2025, un ordre exécutif de D. TRUMP prévoit de booster l’exploitation minière sous-marine. Cela passe outre l’ISA et fait écho au post d’il y a 2 jours sur son intérêt pour le Groenland : une même logique d’appropriation des ressources stratégiques.
Et c’est ainsi, dans le silence et l’obscurité des profondeurs océaniques, qu’une vie sous-marine qui nous est inconnue, tapie à 4000m, ignore la fin peut-être prématurée de son existence par la prédation d’une curieuse espèce de singe.
Nous. ___ Rédaction assistée par Perplexity et Grok AI Image générée par FLUX KONTEXT PRO