L'affaire Gemplus : quand la CIA a coulé le champion français de la carte à puce
L’art de voler une voiture et la détruire, sans récupérer de pièces détachées.
Il y a quelques semaines, la sphère geek FR s’animait suite à une vidéo YouTube de #Micode concernant “l’affaire #Gemplus”. Un cas d’école de #guerre #économique.
Cette entreprise français aurait pu être le leader mondial de la carte puce. Cartes téléphoniques, cartes bancaires, passeports et cartes d’identité. Un boulevard se dressait face à elle, à la fin des années 90.
Elle a été l’objet d’une opération de guerre économique pilotée par la #CIA qui l’a coulée en quelques années. L’IT & les télécoms sont la chasse gardée de nos amis, outre-atlantique.
Je vous propose de confronter cette histoire à ce que nous apprend une autre vidéo publiée par #Veritasium (vulgarisation de maths, physiques, ingénierie) à propos desdites puces de CB.
Il y est expliqué que les Etats-Unis n’ont pas pris le tournant de la carte à puce pour leur cartes de paiement… avant la seconde moitié des années 2010.
Autrement dit, non content d’avoir infiltré et détruit une entreprise d’une nation alliée, les Etats-Unis n’en ont même pas profité pour déployer massivement les technologies sur lequelles ils avaient mis la main.
Entre l’entrée au capital du Texas Pacific Group (sous couvert de qui opérait la CIA) en 2000, et le boum de la carte à puce aux USA porté par le consortium EMV (Europay, Visa, Mastercard) durant la période 2015-2018, on compte donc une quinzaine d’années.
Autant d’années de fraudes et de revente de cartes à bande magnétique, clonées ou volées. On parle de plusieurs dizaines de millions de cartes.
Ce qui me choque dans la médiocrité de cette histoire - car c’est bien l’incompétence qui me vient spontanément à l’esprit dans pareille situation - est ce qu’elle dit du degré de rationnalité de l’affaire.
Nos alliés états-uniens ont préféré prendre sur du retard dans la lutte contre la fraude bancaire que de nous voir prendre de l’avance dans le secteur de l’IT et du chiffrement.
C’est déjà fort de café de se faire voler la vaisselle par les invités, mais c’est un tout autre niveau que de la retrouver dans une déchetterie 15 ans plus tard, avec les tâches du repas servi le jour du larcin…





